Présentation de l'artiste
Jinyong Lian
Jinyong Lian est une artiste photographe basée à Paris, diplômée de l’École des Beaux-Arts de Paris en 2024, où elle a développé une approche singulière de l’image mise en scène et construite.
Son travail a été exposé à l’international, notamment aux Les Rencontres d’Arles (2025), à l’InCadaqués Photo Festivalavec la Fisheye Gallery, au Tianfu Image Art Center (2025) dans le Sichuan, en Chine, à PhotoSaintGermain (2024) à Paris, ainsi qu’à la Sigg Art Foundation. Elle a été finaliste de CURATION – Capsule Mode par Les Filles de la Photo(2026).
En 2025, elle a reçu le Grand Prix du 212 Photography Istanbul ainsi que le Prix Jeunes Talents (Les Agents Associés). La même année, elle a été sélectionnée pour le Editors’ Pick de LensCulture et présélectionnée pour la PhMuseum Women Photographers Grant.
Son premier livre d’artiste, Trust Me (2025), a été présélectionné pour le Henri Cartier-Bresson Self-Published Photobook Award et mis en avant par Booooooom Magazine. L’ouvrage a été présenté dans de grands festivals et foires du livre photographique à travers l’Europe et les États-Unis.

Artist statement
Je construis l’intimité.
En travaillant avec des corps en miroir, des gestes répétés et des configurations spatiales rigoureusement contrôlées, je crée ce que j’appelle des rituels construits — des images où les relations semblent synchronisées tout en demeurant instables. Plutôt que de documenter des moments privés, je les mets en scène comme des architectures psychologiques : des environnements où la confiance se répète, se duplique et se tend silencieusement.
L’eau, la symétrie et l’équilibre suspendu traversent mon travail. Les figures se tiennent rarement seules. Elles s’alignent, s’encerclent, se soutiennent ou se contiennent. Les mains convergent vers un centre. Les regards sont cadrés. Les corps se reflètent jusqu’à ce que l’individualité devienne fragile. La répétition devient une discipline. L’immobilité devient tension.
En tant que femme queer asiatique vivant et travaillant entre la Chine, la France et les États-Unis, je m’intéresse à la manière dont l’appartenance se négocie à travers des structures subtiles — comment l’identité se façonne non seulement par la culture, mais par une géométrie relationnelle. Mes images n’illustrent pas une théorie ; elles construisent des systèmes visuels contrôlés dans lesquels l’intimité devient forme.
Influencée par la fable et l’absurde, je développe ce que je décris comme des « fables autonomes ». Inspirée notamment par Les Habits neufs de l’empereur, j’utilise l’étrangeté et l’humour pour révéler des accords invisibles. Les éléments surréels dans mon travail ne relèvent pas de l’évasion ; ils agissent comme des instruments de clarté. En déplaçant la logique ordinaire, je mets au jour la chorégraphie discrète du pouvoir inscrite dans les gestes quotidiens.
Par une mise en scène précise et des présentations à grande échelle, ma pratique propose un langage visuel singulier — une intimité non pas comme confession, mais comme ordre construit. Fragile, collective et rigoureuse.




